L'expert-comptable est-il obligatoire ?

Mis à jour le 30 juillet 2026

C'est l'une des questions les plus fréquentes des créateurs d'entreprise. La réponse, en 2026, tient en une phrase : aucun texte de loi n'impose de recourir à un expert-comptable, quelle que soit la forme juridique ou le chiffre d'affaires. Mais cette liberté juridique ne dit rien de la pertinence pratique, qui dépend entièrement de votre situation.

Aucune obligation légale de recourir à un expert-comptable

Il n'existe en droit français aucune disposition obligeant une entreprise individuelle ou une société à faire appel à un expert-comptable externe, ni à employer un comptable salarié. Une société peut parfaitement tenir sa comptabilité elle-même et déposer ses déclarations fiscales sans l'intervention d'un professionnel du chiffre. Ce qui est encadré, c'est l'inverse : l'ordonnance n° 45-2138 réserve la tenue et l'établissement des comptes d'autrui aux seuls experts-comptables inscrits à l'Ordre. Autrement dit, vous n'êtes pas obligé de déléguer, mais si vous déléguez, ce doit être à un professionnel inscrit.

Ce qui est réellement obligatoire, c'est la comptabilité

La confusion vient souvent de là : ce n'est pas l'expert-comptable qui est obligatoire, mais la tenue d'une comptabilité conforme. L'étendue de cette obligation dépend de votre régime :

SituationObligation comptable
Micro-entrepriseLivre des recettes (et registre des achats pour l'achat-revente)
Réel simplifié (BIC/IS)Comptabilité complète, bilan, liasse fiscale 2033
Réel normalComptabilité complète, liasse 2050 et suivantes
BNC au réelRecettes-dépenses, déclaration 2035

Sous le régime micro, tant que le chiffre d'affaires reste sous les plafonds 2026 (203 100 € pour l'achat-revente, 83 600 € pour les services), les obligations sont si légères qu'un expert-comptable est rarement nécessaire. Au réel, la production d'un bilan et d'une liasse devient techniquement exigeante, ce qui explique pourquoi la quasi-totalité des sociétés au réel s'appuient sur un professionnel.

À ne pas confondre : le commissaire aux comptes

Le commissaire aux comptes (CAC), lui, peut être obligatoire — mais c'est une fonction différente, de contrôle et non de tenue. Une SAS, SASU, SARL ou EURL doit nommer un CAC dès qu'elle dépasse deux des trois seuils suivants à la clôture : 5 000 000 € de total de bilan, 10 000 000 € de chiffre d'affaires HT, ou 50 salariés. La grande majorité des TPE et PME reste très en deçà et n'a donc aucune obligation de CAC.

À retenir : expert-comptable et commissaire aux comptes ne sont pas interchangeables. L'un établit et présente les comptes (jamais obligatoire), l'autre les certifie de façon indépendante (obligatoire au-delà de seuils de taille). Les deux fonctions ne peuvent d'ailleurs pas être exercées par la même personne sur un même dossier.

Quand devient-il vraiment utile ?

Sans être obligatoire, l'expert-comptable devient déterminant dès que la complexité augmente : passage au réel, gestion de la TVA, arbitrage rémunération/dividendes en société, immobilisations et amortissements, ou besoin d'une attestation pour une banque. À l'inverse, un micro-entrepreneur avec quelques dizaines d'opérations par an peut légitimement s'en passer. Pour peser le coût de chaque scénario, lisez logiciel seul ou expert-comptable : le vrai calcul et combien coûte un expert-comptable.

Les risques de se passer d'un professionnel au réel

Rien n'interdit de tenir soi-même une comptabilité au réel, mais il faut mesurer ce que cela implique. Une liasse fiscale mal renseignée peut être rejetée par l'administration ou déclencher une demande de renseignements. Une TVA mal déclarée expose à des rappels et à des pénalités. Un amortissement oublié ou mal calculé fausse le résultat et donc l'impôt. À cela s'ajoute l'absence de conseil aux moments clés : choix du régime, arbitrage rémunération/dividendes, traitement d'un compte courant d'associé. En cas de contrôle, c'est le dirigeant qui répond de ses comptes. L'expert-comptable, lui, engage sa responsabilité professionnelle sur les comptes qu'il établit — c'est précisément ce que l'on paie au-delà de la simple saisie.

Micro-entreprise : le cas où l'on peut vraiment s'en passer

À l'opposé, le micro-entrepreneur dispose d'obligations si allégées qu'un expert-comptable relève rarement de la nécessité. Un livre des recettes tenu à jour, éventuellement un registre des achats, et une déclaration de chiffre d'affaires à l'Urssaf suffisent. Le bénéfice étant calculé par abattement forfaitaire, il n'y a ni bilan, ni liasse, ni amortissement à gérer. Beaucoup de micro-entrepreneurs se contentent donc d'un simple outil de suivi. La question du professionnel ne se pose vraiment qu'au moment de franchir les seuils et de basculer au réel.

Une troisième voie

Entre le tout-manuel et le cabinet traditionnel, ExpertComptable.ai propose une comptabilité produite par des agents et supervisée par un cabinet inscrit à l'Ordre, à partir de 29 € HT/mois pour le micro et 79 € HT/mois au réel. Les comptes sont établis sous la responsabilité d'un professionnel inscrit, et une attestation peut être délivrée en option lorsqu'un tiers l'exige. Voir les tarifs ou testez votre situation avec le simulateur.

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