Passer de la micro-entreprise au régime réel : quand c'est gagnant, comment opter

Mis à jour le 19 juillet 2026

La micro-entreprise séduit par sa simplicité : un abattement forfaitaire remplace la comptabilité des charges. Mais cette simplicité a un coût caché — dès que vos frais réels dépassent l'abattement, vous payez de l'impôt sur un bénéfice que vous n'avez pas réalisé. Le passage au régime réel devient alors avantageux. Voici comment savoir si c'est votre cas, et comment procéder.

Les seuils micro et réel pour 2026

Le régime micro s'applique tant que votre chiffre d'affaires annuel hors taxes reste sous les seuils suivants : 203 100 € pour les ventes de marchandises, la fourniture de logement et la vente à consommer sur place (BIC), et 83 600 € pour les prestations de services (BIC) et les professions libérales (BNC). Ces seuils valent pour 2026, 2027 et 2028.

Au-delà, le régime réel simplifié prend le relais : il concerne les entreprises dont le CAHT est compris entre 203 100 € et 945 000 € pour le commerce, et entre 83 600 € et 286 000 € pour les prestations de services BIC. En cas de dépassement des seuils micro deux années consécutives, le passage au réel devient obligatoire.

L'abattement forfaitaire : le vrai comparateur

Au régime micro, l'administration applique un abattement forfaitaire censé représenter vos charges : 71 % pour la vente de marchandises, 50 % pour les prestations de services BIC, et 34 % pour les BNC. Vous êtes imposé sur le solde. La question centrale est simple : vos charges réelles sont-elles supérieures à cet abattement ?

Un prestataire de services BNC bénéficie d'un abattement de 34 %. S'il consacre en réalité 50 % de son chiffre d'affaires à de la sous-traitance, du matériel, un local ou des déplacements, il a mécaniquement intérêt à passer au réel : il déduira ses charges pour leur montant exact au lieu d'un forfait trop faible. À l'inverse, un consultant avec très peu de frais a souvent intérêt à rester en micro.

À retenir : le réel devient gagnant quand vos charges réelles dépassent le pourcentage d'abattement de votre activité (71 %, 50 % ou 34 %). En dessous, la micro reste plus simple et plus favorable.

La récupération de TVA, un argument souvent décisif

Le régime micro va de pair avec la franchise en base de TVA : vous ne facturez pas de TVA, mais vous ne la récupérez pas non plus. Au réel avec option TVA, vous récupérez la TVA sur toutes vos dépenses professionnelles. Sur un ordinateur à 3 000 € TTC, cela représente 500 € de TVA déductible. Si vous investissez (matériel, mobilier, véhicule, formation), cet effet peut à lui seul justifier le changement. Pour comprendre le fonctionnement déclaratif, voyez notre guide TVA : CA3 ou CA12.

Ce que le réel implique en pratique

Le régime réel suppose une véritable comptabilité : enregistrement des achats et des ventes, bilan, compte de résultat, et — pour les BNC — une déclaration 2035. C'est plus lourd que la micro, mais c'est aussi ce qui vous permet de déduire vos charges et d'amortir vos investissements. Cette contrepartie administrative est précisément celle qu'un accompagnement automatisé absorbe pour vous.

Comment et quand opter

L'option pour le régime réel se formule auprès du service des impôts des entreprises (SIE). Elle doit en principe être exercée avant le début de l'exercice concerné (ou dans les délais propres à votre situation de création ou de changement). L'option est valable un an et se reconduit tacitement. Comme les délais varient selon votre régime de départ et votre activité, il est prudent de faire vérifier votre cas avant de basculer.

Faire le calcul avant de décider

Le bon arbitrage repose sur un chiffrage : abattement micro contre charges réelles, plus l'effet TVA. Vous pouvez estimer votre situation avec notre simulateur, comparer avec nos tarifs, et faire réaliser le passage par un cabinet inscrit à l'Ordre. Les missions ExpertComptable.ai sont signées par un cabinet inscrit — nous ne remplaçons pas le conseil, nous le rendons accessible.

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