Le plan comptable général expliqué pour une TPE

Mis à jour le 2 août 2026

Le plan comptable général (PCG) est le référentiel qui définit comment les entreprises françaises enregistrent leurs opérations et présentent leurs comptes annuels. Il est porté par le règlement ANC n° 2014-03 de l'Autorité des normes comptables. Vu de l'extérieur, c'est une liste de plusieurs centaines de numéros. Vu de l'intérieur, c'est une grammaire — et elle s'apprend en une page.

La logique de codification

Chaque compte porte un numéro dont le premier chiffre indique la classe, et dont chaque chiffre suivant précise le niveau de détail. Le compte 6 est une charge ; le 61 un service extérieur ; le 613 une location ; le 6132 une location immobilière. On descend dans l'arborescence aussi loin que l'analyse le justifie, jamais plus loin.

Les sept classes se répartissent en deux blocs :

ClasseContenuDocument
1Comptes de capitaux (capital, réserves, résultat, emprunts, compte courant d'associé)Bilan
2Immobilisations et amortissements
3Stocks et en-cours
4Comptes de tiers (clients, fournisseurs, État, salariés, organismes sociaux)
5Comptes financiers (banque, caisse, valeurs mobilières)
6ChargesCompte de résultat
7Produits

Le bilan photographie une situation à une date ; le compte de résultat retrace un flux sur une période. C'est cette distinction, plus que la liste des numéros, qui explique la logique des écritures.

Ce qu'a changé la réforme ANC 2022-06

Le règlement n° 2022-06 du 4 novembre 2022, homologué par arrêté du 26 décembre 2023, a modernisé le PCG. Il s'applique obligatoirement aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025, avec application anticipée possible. Les principales évolutions pour une TPE :

Si vos comptes 2025 vous paraissent différents de ceux de 2024 sans que votre activité ait changé, c'est probablement cette réforme. Le point d'attention pratique : la comparabilité des exercices. Il faut savoir expliquer les retraitements dans l'annexe, notamment si vous présentez vos comptes à une banque — voir le guide sur l'attestation d'expert-comptable.

Les comptes qu'une TPE utilise vraiment

Une TPE de services fait tourner l'essentiel de sa comptabilité sur une trentaine de comptes. Les plus fréquents :

CompteUsage courant
101 / 106 / 120Capital social, réserves, résultat de l'exercice
108 ou 455Compte de l'exploitant / compte courant d'associé
2183 / 2184Matériel informatique, mobilier
281Amortissements des immobilisations
401 / 411Fournisseurs / clients
4456 / 4457TVA déductible / TVA collectée
512 / 530Banque / caisse
606 / 613 / 622 / 626Achats non stockés, locations, honoraires, télécoms
641 / 645Rémunérations du personnel, charges sociales
706 / 707Prestations de services / ventes de marchandises

Le reste ne sert qu'en cas d'opération particulière. Ouvrir des sous-comptes analytiques par client ou par projet est possible et souvent utile, mais cela relève d'un choix de pilotage, pas d'une obligation.

Le PCG s'applique-t-il à toutes les TPE ?

Le plan comptable est dit « général » parce qu'il a vocation à s'appliquer à toute entité ayant une activité économique et devant établir des comptes annuels : bilan, compte de résultat et annexe. Les micro-entrepreneurs, eux, ne tiennent qu'un livre de recettes (et un registre des achats pour les activités de vente) et ne produisent pas de comptes annuels — le PCG ne les concerne donc pas tant qu'ils restent au micro. Le sujet devient central en cas de passage du micro au réel. Les titulaires de BNC en déclaration contrôlée relèvent quant à eux d'une comptabilité de trésorerie, avec des adaptations.

Pourquoi cela reste un sujet, même quand la saisie est automatisée

Un moteur de catégorisation peut proposer l'imputation d'une ligne bancaire avec un très bon taux de succès. Ce qu'il ne peut pas faire seul, c'est trancher les cas où l'imputation dépend d'une intention ou d'une qualification juridique : un achat de matériel est-il une charge ou une immobilisation ? un versement au dirigeant est-il une rémunération, un remboursement de frais ou un mouvement de compte courant ? Ces arbitrages ont des conséquences fiscales, et c'est précisément là que la revue par un expert-comptable inscrit garde toute sa valeur.

C'est le partage que nous appliquons : les agents produisent l'écriture et le contrôle de cohérence, le professionnel valide les points significatifs et signe la mission. Estimez le coût de la vôtre avec le simulateur ou consultez nos tarifs.

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