Mis à jour le 23 juillet 2026
Choisir la SAS ou la SASU, c'est aussi choisir un régime social pour son dirigeant. Contrairement au gérant majoritaire de SARL, qui est travailleur non salarié, le président de SAS rémunéré relève du régime général de la Sécurité sociale : on dit qu'il est assimilé salarié. Ce statut offre une protection confortable, mais il a un coût que beaucoup de créateurs découvrent trop tard. Voici ce qu'il recouvre concrètement en 2026.
Le président de SAS (ou de SASU, sa version unipersonnelle) est rattaché au régime général de la Sécurité sociale dès qu'il perçoit une rémunération au titre de son mandat social. Il n'est pas « salarié » au sens du droit du travail — il n'a pas de contrat de travail pour son mandat, pas de bulletin de paie soumis au SMIC, pas de droit aux allocations chômage. Mais pour la protection sociale, il cotise et acquiert des droits comme un cadre : maladie, maternité, retraite de base et complémentaire, prévoyance. C'est la principale différence avec le dirigeant TNS, dont nous détaillons le régime dans notre guide sur la rémunération du dirigeant TNS.
C'est le point qui surprend. Sur une rémunération de dirigeant assimilé salarié, les cotisations sociales représentent de l'ordre de 82 % du net versé — en additionnant environ 54 % de charges patronales et 28 % de charges salariales. Autrement dit, pour verser 2 000 € nets par mois au président, la société supporte un coût global (net + cotisations) de l'ordre de 3 400 à 3 600 €. Ces cotisations sont dues à l'URSSAF et incluent la maladie, la vieillesse, la CSG-CRDS, la retraite complémentaire et diverses contributions.
À retenir : le taux exact dépend du niveau de rémunération (certaines cotisations sont plafonnées au plafond de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € par mois en 2026), de la couverture prévoyance retenue et des éventuelles réductions. Les 82 % sont un ordre de grandeur, pas un taux figé.
Un président de SAS qui ne se verse aucune rémunération ne paie aucune cotisation sociale au titre de son mandat. C'est un levier de trésorerie fréquent en phase de démarrage. Mais l'absence de cotisation signifie aussi l'absence de nouveaux droits : pas de validation de trimestres de retraite, pas d'indemnités journalières maladie liées à ce mandat. Un dirigeant non rémunéré doit donc s'assurer par ailleurs d'une couverture (autre activité, ayant droit, complémentaire privée).
Beaucoup de présidents de SASU se rémunèrent peu et privilégient les dividendes. L'atout du statut assimilé salarié, ici, est que les dividendes versés au président de SAS ne sont pas soumis aux cotisations sociales des indépendants (contrairement à la fraction des dividendes du gérant majoritaire de SARL dépassant 10 % du capital). Les dividendes de SAS supportent en principe le prélèvement forfaitaire unique de 30 %. L'arbitrage entre salaire et dividendes dépend donc du résultat de la société, du besoin de revenu immédiat, de la constitution de droits sociaux et de l'imposition. C'est un calcul que notre simulateur aide à poser, et qui touche aussi à l'affectation du résultat et à la distribution de dividendes.
En échange de ces cotisations, le président assimilé salarié bénéficie d'une couverture proche de celle d'un cadre : remboursements maladie du régime général, indemnités journalières sous conditions, retraite de base et retraite complémentaire (Agirc-Arrco), et prévoyance. La grande absente reste l'assurance chômage : le mandataire social n'y cotise pas et n'ouvre pas de droits France Travail au titre de son mandat. C'est un point à anticiper, éventuellement via une assurance chômage privée du dirigeant.
Dès lors qu'il est rémunéré, le président de SAS doit être déclaré comme les salariés : établissement d'un bulletin de paie, déclaration des cotisations via la DSN (déclaration sociale nominative), versement mensuel ou trimestriel à l'URSSAF. C'est ce qui rend la paie du dirigeant plus lourde à gérer qu'un simple virement : elle suppose un paramétrage correct des taux et des plafonds. Une erreur de taux ou d'assiette est d'ailleurs l'un des points classiques d'un redressement lors d'un contrôle.
Le statut assimilé salarié coûte plus cher, à revenu net égal, que le statut TNS du gérant majoritaire de SARL — dont les cotisations tournent plutôt autour de 40 à 45 % du revenu. En contrepartie, la protection est meilleure, notamment sur la retraite complémentaire et les indemnités journalières. Le bon choix dépend de votre profil, de votre besoin de couverture et de votre stratégie de rémunération. Ce n'est pas un choix purement comptable : il engage votre protection sociale sur le long terme.
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