Réintégrations fiscales courantes : les cinq lignes à vérifier avant chaque clôture

Mis à jour le 21 juillet 2026

Le résultat comptable et le résultat fiscal ne sont pas le même chiffre. Le passage de l'un à l'autre se fait par des retraitements extra-comptables — des réintégrations, qui augmentent la base imposable, et des déductions, qui la diminuent. Ces retraitements sont portés sur le tableau 2058-A de la liasse au régime réel normal, ou sur le 2033-B au régime simplifié.

La bonne nouvelle : dans une TPE, l'essentiel des réintégrations se concentre sur une poignée de postes. Les connaître permet à la fois de sécuriser la clôture et d'éviter de comptabiliser des charges dont on sait par avance qu'elles ne réduiront pas l'impôt.

1. L'amortissement excédentaire du véhicule de tourisme

C'est la réintégration la plus fréquente. L'article 39-4 du CGI plafonne l'amortissement fiscalement déductible d'un véhicule de tourisme selon ses émissions de CO₂ : 30 000 € en dessous de 20 g/km, 20 300 € de 20 à 49 g/km, 18 300 € de 50 à 160 g/km, et 9 900 € au-delà de 160 g/km.

La part du prix d'acquisition qui dépasse le plafond reste amortie en comptabilité, mais la fraction d'amortissement correspondante est réintégrée chaque année. Le même raisonnement s'applique aux loyers de location longue durée, pour la part correspondant à l'amortissement pratiqué par le loueur. Le détail du calcul est traité dans notre guide dédié à l'amortissement de véhicule et ses plafonds.

2. Les amendes et pénalités

L'article 39-2 du CGI exclut des charges déductibles les sanctions pécuniaires et pénalités mises à la charge de l'entreprise par une autorité publique : contraventions routières, majorations et intérêts de retard fiscaux, pénalités Urssaf, sanctions administratives. Elles sont comptabilisées en charges — souvent au compte 6712 — puis intégralement réintégrées.

À ne pas confondre avec les pénalités contractuelles (pénalités de retard versées à un client, indemnités de rupture d'un contrat commercial), qui ne relèvent pas d'une autorité publique et restent déductibles dès lors qu'elles sont engagées dans l'intérêt de l'entreprise.

3. Les cadeaux d'affaires et frais de réception

Les cadeaux offerts aux clients et partenaires sont déductibles s'ils sont engagés dans l'intérêt direct de l'entreprise et si leur valeur reste raisonnable au regard de l'activité. La fraction jugée excessive est réintégrée. Au-delà de la déductibilité, une obligation déclarative existe : le relevé de frais généraux n° 2067 doit être déposé lorsque certains postes (cadeaux, frais de réception, rémunérations des personnes les mieux payées, véhicules) dépassent les seuils fixés par l'article 54 quater du CGI.

Côté TVA, la règle est différente et souvent confondue : la TVA sur les cadeaux n'est récupérable que si la valeur unitaire du bien n'excède pas 73 € TTC par bénéficiaire et par an. Un cadeau peut donc être déductible du résultat sans que la TVA soit récupérable.

4. La CSG non déductible et les charges du dirigeant

Une partie de la CSG et la totalité de la CRDS ne sont pas déductibles du revenu imposable. Lorsque ces contributions ont été prises en charge par la société — situation classique pour un dirigeant dont les charges transitent par la société —, la fraction non déductible doit être réintégrée. À cette ligne s'ajoutent, selon les dossiers, les cotisations facultatives excédant les plafonds de déduction et les charges personnelles du dirigeant réglées par l'entreprise.

5. Les taxes non déductibles

Certaines taxes ne réduisent pas le résultat fiscal :

Les déductions à ne pas oublier

Le tableau 2058-A comporte aussi une colonne de déductions, moins spontanément remplie. On y retrouve notamment les produits déjà imposés ou exonérés, les plus-values relevant d'un régime particulier, la quote-part de dividendes exonérée en régime mère-fille, et surtout les reprises d'amortissements et provisions antérieurement réintégrés. Ce dernier point est un classique : une provision réintégrée à l'année N parce que non déductible doit être déduite l'année où elle est reprise, faute de quoi la société est imposée deux fois. Le suivi extra-comptable des provisions est traité dans notre guide sur les provisions et le cut-off de clôture.

Un tableau qui se prépare toute l'année

La 2058-A n'est pas un exercice de fin de clôture : chaque ligne renvoie à un événement de l'exercice — l'achat du véhicule, la contravention, le cadeau client, la provision passée. Tenir un état de suivi des retraitements au fil de l'eau évite la reconstitution en urgence au moment de la liasse fiscale et, surtout, sécurise le dossier en cas de contrôle.

Chez ExpertComptable.ai, les retraitements récurrents sont identifiés dès la saisie et repris automatiquement d'un exercice à l'autre, la revue finale étant effectuée par un cabinet inscrit à l'Ordre des experts-comptables qui signe la mission. Voir les tarifs ou essayer le simulateur.

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